La Mission du Responsable Innovation

by | Sep 24, 2019 | Interviews, Open Innovation

Rencontre avec Mathieu Menet lors d’un événement au Wagon Lausanne.

De pilote de chasse à Responsable Innovation. Mathieu Menet nous raconte son parcours et présente son métier d’innovateur qu’il excerce aujourd’hui au sein des Transports publics de la région Lausannoise.


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Q1. Quel est votre parcours professionnel ?

Mon rêve d’enfant était de devenir pilote de chasse. Il s’est réalisé lorsque j’avais 23 ans, et j’ai travaillé dans l’armée de l’air française durant 3-4 ans. Par la suite cela n’était plus compatible avec la vie de famille que je souhaitais, et je suis donc arrivé en Suisse fin 2011. Initialement, je ne voulais pas forcément trouver un poste en tant qu’ingénieur (ma formation initiale : master en mécanique et microtechniques). J’ai donc cherché des métiers sur ce qui me passionnait, comme un poste d’assistant de vol à Air Glacier. Ce métier était attrayant mais cela n’a pas pu se faire malheureusement.

Finalement, j’ai quand même commencé à travailler dans le domaine de l’ingénierie, au sein de l’entreprise Lemo. Quelques semaines après mon arrivée, on m’a demandé de travailler sur des projets un peu particuliers. En effet, beaucoup d’idées circulaient parmi les collègues, mais malgré la bonne volonté de tous, très peu aboutissaient. J’ai aimé l’impact que ces idées pouvaient avoir pour nos activités, et j’ai donc entrepris une spécialisation en innovation. C’est du besoin de centralisation qu’une structure dédiée à l’innovation a finalement été ouverte en 2013. En 2018, elle comptait désormais 24 personnes réparties dans 14 pays.

Aujourd’hui je suis responsable de La Ruche tl, la plateforme d’innovation des Transports publics de la région lausannoise.

Q2. Pouvez-vous élaborer sur votre rôle de Responsable Innovation ?

Le métier du Responsable Innovation dépend du niveau de maturité de l’entreprise. Souvent tout est à construire, on parle alors d’intrapreunariat, un peu comme une startup interne. Il est crucial d’avoir une approche méthodique, et de mettre en place une stratégie, ainsi qu’un plan d’action afin de la concrétiser.

De plus, il y a un grand travail politique à faire. L’innovation est souvent vue comme une menace par la R&D (dans les entreprises techniques), ou par le marketing (dans d’autres entreprises). Il est important d’accompagner le changement en créant un climat de confiance. Permettant ainsi de mettre en place des synergies entre les différentes équipes.

En soi, il y a deux approches différentes :

1. Un lab d’innovation indépendant dédié,

qui permet, avec le soutien du top management, d’avoir très rapidement des résultats. Le revers de la médaille est que ces projets rencontrent souvent une certaine résistance lorsqu’ils doivent être implémentés. Certainement car la force humaine de l’entreprise se l’approprie moins puisqu’elle n’a été que peu intégrée au développement.

2. l’Open Innovation,

plus lente, mais qui rencontre un plus grand succès au moment de l’implémentation. Dans ce cas de figure, le lab a un rôle de catalyseur, de facilitateur d’innovation à partir des idées et des dynamiques des collaborateurs. Nous organisons ceci de la manière suivante : sur une journée, nous dédions 80% de notre temps à travailler sur les innovations de rupture qui ont été identifiées, et les 20% restants sont utilisés pour accompagner les collaborateurs sur leurs propres initiatives. Nous les accompagnons à découvrir une nouvelle façon de travailler (plus agile, plus digitale).

D’un point de vue organisationnel, notre équipe est composée d’environ cinq personnes, mais seulement deux fixes (un UX Designer et moi-même). Les trois autres changent chaque semaine ! Nous invitons des collaborateurs, des experts et des consultants externes en fonction ce que nous testons cette semaine.

Q3. Parlez-nous plus en détail de vos projets d’innovation.

Notre rôle est d’accompagner le projet de l’idée jusqu’à la preuve du concept. Ensuite c’est entre d’autres mains pour la mise en production. Nous faisons trois explorations par année. Durant un mois nous amassons le plus d’idées possible sur une thématique (par exemple la blockchain) puis nous en choisissons une seule, en fonction de son potentiel.

Ensuite, nous consacrons les trois mois suivants à la validation du concept et à réduire les différents indicateurs de risque identifiés.

Est-ce aligné à la stratégie de l’entreprise?

Est-ce attractif pour les utilisateurs?

Quelles sont les possibilités de pousser l’idée plus loin (scalable)?

Est-ce financièrement viable?

Est-ce faisable techniquement?

En termes de rendu, un mock-up suffit souvent, tant qu’il est assez réel. Pour les prototypes fonctionnels, nous avons travaillé avec Olympe. Une plateforme de développement front et back end, qui permet entre autres de développer des applications à la volée, même avec peu de compétences en programmation.

En seulement 6 JOURS nous avons développé notre prototype fonctionnel pour le projet

Colision (livraison de colis par les transports publics) 

Q4. C’est le premier défi que vous avez attaqué avec l’aide d’Olympe ?

Tout à fait. Colision est un exemple assez typique d’un cas d’innovation d’entreprise loin du cœur de métier. L’idée a été amenée en 2016 par des étudiants d’Innokick, en collaboration avec notre département marketing. La proposition était de réduire l’impact carbonique des livraisons des achats internet en utilisant les transports publics pour les livraisons de colis, et en incitant les citoyens à se livrer entre eux aux arrêts de bus qu’ils utilisent. Toutefois, en ce temps-là les tl n’avaient pas l’espace et la culture prête pour accueillir une idée comme celle-ci. C’était une opportunité géniale, surtout en réponse aux problématiques climatiques actuelles !

De manière générale, tous les transports publics sont comme le prêt-à-porter ; les utilisateurs s’adaptent à des horaires et arrêts fixes. Maintenant, le but est de développer de plus en plus des services sur mesure, et de se poser la question : comment pouvons-nous nous adapter à nos clients et aller vers un service de transport public à la demande ?

La réponse des tl est que nous les transportons du point A au point B… Tout en les accompagnant de A à Z.

Q5. Quelles étaient vos alternatives à Olympe pour le développement de votre solution ? Pourquoi votre choix s’est-il arrêté sur Olympe ?

L’alternative pour nous était soit de développer cela à l’interne, soit de mandater une agence de développement externe. Etant donné que j’avais suivi l’aventure Olympe depuis ses débuts, je souhaitais depuis longtemps trouver une opportunité de tester la plateforme. D’où notre choix d’utiliser Olympe pour Colision.

Q6. En quoi Olympe a-t-il changé votre manière de travailler ? Comment cela a-t-il créé de nouvelles opportunités pour votre entreprise ?

L’expérience positive que nous avons eue avec Olympe lors de notre exploration Colision nous a amené les opportunités suivantes :

Z

Être capable de développer des solutions fonctionnelles en quelques jours

Z

Ne pas se limiter uniquement au mock-up, mais pouvoir également tester les aspects fonctionnels

Z

Être capable d’introduire cette notion de temps réel sur différents systèmes

Z

Pouvoir corriger les bugs détectés à la volée, même pendant un test

Q7. Quelle évolution pour le métier d’innovateur, les principaux défis à surmonter ?

Ce domaine est une réponse à un virage de la société. Les cycles de rupture et de changement se raccourcissent, et le besoin de spécialistes en innovation devient de plus en plus évident pour la plupart des entreprises.

Certaines investissent dans différents moyens superficiels que l’on appelle le « cirque de l’innovation » ou « innovation theater ». Au lieu de se poser les bonnes questions et de penser de manière stratégique à ce qu’il y a à faire d’un point de vue de l’innovation, ils préfèrent investir une somme conséquente dans un open space avec pleins d’objets cool (une table de ping-pong par exemple), ce qui est le meilleur moyen de tuer votre dynamique d’innovation.
De plus, on trouve beaucoup de consultants en innovation sur le marché qui ont les connaissances technologiques, mais peu qui ont de l’expérience dans l’implémentation à grande échelle. Et c’est normal, car la branche est relativement nouvelle.

Je pense donc que notre métier tend actuellement vers beaucoup plus de professionnalisation et de maturité sur ces différents aspects.

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